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Titres-restaurant en 2026 : la règle pour votre restaurant, et la réforme votée en première lecture
À midi, une partie de votre salle paie avec l’argent que l’employeur lui avance pour déjeuner. Ce titre-restaurant obéit à des règles que le client connaît mal et que le restaurateur subit : la monnaie qu’on ne rend pas, le dimanche, le plafond du jour. Elles tiennent jusqu’au 31 décembre 2026. Après, tout dépend d’un texte que l’Assemblée a adopté le 12 octobre et qui, au 4 novembre 2026, attendait le vote du Sénat.
Publié le · Le texte de la réforme peut encore changer au Sénat. Un guide pratique, pas un conseil juridique.
La règle de 2026, côté restaurant
Le premier point surprend souvent : vous n’êtes pas obligé d’accepter les titres-restaurant. Service Public l’écrit sans détour, les restaurants et les commerçants ne sont pas dans l’obligation de les prendre. Si vous les prenez, ce sont les restaurants, les commerces assimilés — charcuterie, traiteur, boulangerie, commerce alimentaire — et les détaillants en fruits et légumes qui y ont accès.
Pour le client, le titre sert les jours où il travaille ; il ne s’utilise ni le dimanche ni un jour férié, sauf pour le salarié qui travaille ce jour-là, lorsque son employeur l’a décidé (article R3262-8 du Code du travail). Il sert dans le département de son lieu de travail et les départements voisins, et dans la limite d’un plafond par jour, que la fiche de Service Public indique. Jusqu’au 31 décembre 2026, une dérogation lui permet aussi d’acheter tout produit alimentaire, prêt à manger ou non : c’est elle qui envoie une partie des titres vers les supermarchés.
Pour vous, deux règles pratiques. Avec un titre papier, vous n’avez pas le droit de rendre la monnaie : le client complète, ou laisse la différence. Avec une carte ou une application, le montant exact est débité. Et le remboursement par l’émetteur doit intervenir au plus tard 21 jours après la remise des titres.
Ce qui coûte : la commission de l’émetteur
Les sociétés qui émettent les titres se rémunèrent aussi auprès des commerçants qui les acceptent : commissions, frais de paiement, frais selon le support. Le montant dépend de votre contrat avec chaque émetteur, et c’est là que se joue l’essentiel du coût d’un repas payé en titre. Relisez ces contrats une fois par an, avec votre volume réel, plutôt que d’en découvrir le total sur le relevé bancaire.
Le titre ne change pas, en revanche, votre façon de remettre un justificatif. La DGCCRF le précise dans sa foire aux questions sur la remise du ticket à la demande : un titre-restaurant dématérialisé n’est pas assimilé à une carte de paiement, mais le ticket d’un achat payé avec lui suit la même règle de remise à la demande que les autres.
La réforme votée par l’Assemblée, encore devant le Sénat
État au 4 novembre 2026 : la proposition de loi visant à moderniser et rééquilibrer le fonctionnement du titre-restaurant a été déposée le 9 juin 2026 et adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale le 12 octobre (texte adopté n° 352), en procédure accélérée. Transmise au Sénat le 13 octobre, elle y a fait l’objet d’un rapport de la commission des affaires sociales daté du 3 novembre, selon le dossier législatif de l’Assemblée. Le Sénat ne l’avait pas votée à cette date, et elle n’est pas promulguée : rien de ce qui suit n’est du droit en vigueur. C’est ce que prévoit le texte adopté par les députés, qui peut encore changer au Sénat ou en commission mixte paritaire.
- Le texte adopté prévoit que le titre-restaurant devienne un titre spécial de paiement dématérialisé, carte ou application, pour les titres émis à partir de 2028.
- Il paierait un repas ou tout produit alimentaire permettant de préparer un repas, sauf des catégories listées par décret, y compris un achat conclu à distance.
- Il serait utilisable tous les jours de la semaine, dimanches et jours fériés compris, avec un délai d’utilisation porté à trois ans.
- Chaque janvier, l’émetteur remettrait au commerçant un récapitulatif écrit de toutes ses commissions et de tous ses frais de l’année, en somme et en proportion des titres reçus ; ses conditions tarifaires générales seraient publiques.
- Un plafond de ces commissions pourrait être fixé par décret, après avis de l’Autorité de la concurrence ; le texte ne le chiffre pas.
- Les plateformes de mise en relation en ligne seraient exclues de la liste des commerces qui acceptent les titres.
- La dérogation pour les courses alimentaires serait prolongée d’un an, jusqu’au 31 décembre 2027, et le nouveau régime entrerait en vigueur le 1er janvier 2028.
| Date | Ce qui se passe | Statut |
|---|---|---|
| Jusqu’au 31 décembre 2026 | Dérogation : tout produit alimentaire, prêt à manger ou non | En vigueur |
| 12 octobre 2026 | Texte adopté en première lecture par l’Assemblée nationale | Voté par les députés |
| 3 novembre 2026 | Rapport de la commission des affaires sociales du Sénat (n° 141) | Examen au Sénat |
| 31 décembre 2027 | Fin de la dérogation prévue par le texte adopté | Prévu par le texte, sans vote du Sénat au 4 novembre 2026 |
| 1er janvier 2028 | Entrée en vigueur prévue du nouveau régime : titres dématérialisés, tous les jours | Prévu par le texte, sans vote du Sénat au 4 novembre 2026 |
Le paiement d’une formule, papier contre carte
La différence entre les deux supports se voit à la première formule réglée. Le papier arrondit au titre près, au détriment de l’un ou de l’autre ; la carte débite le centime exact. Tant que les deux supports coexistent, votre équipe doit savoir traiter les deux sans hésiter devant le client.
Ce que cela change pour votre déjeuner
Trois décisions vous reviennent, réforme ou pas. Accepter ou non les titres, d’abord, et lesquels : chaque émetteur a son contrat, sa commission et ses délais, et vous pouvez en prendre certains seulement. Le dimanche, ensuite : si le texte était voté ainsi, un brunch du dimanche pourrait être réglé en titre-restaurant, ce qui n’est possible en 2026 que pour le salarié qui travaille ce jour-là. Votre formule, enfin : pensée au prix d’un titre, elle se règle sans monnaie à rendre et sans complément en espèces.
Le reste de votre midi ne dépend pas du moyen de paiement : des arrivées serrées entre 12 h 15 et 13 h, des tables qui doivent tourner, des habitués qui appellent à 11 h 30. C’est sur ce point que Slotina travaille.
Dans Slotina
Slotina n’est affilié à aucun émetteur, ne lit pas les cartes titres-restaurant et ne s’occupe pas de leur remboursement : sur l’addition, le serveur note seulement qu’une part a été réglée par un autre moyen que la carte bancaire ou les espèces. Ce que Slotina fait pour le service de midi :
- Un service du midi distinct du soir, avec ses jours, ses horaires, ses durées à table et ses créneaux toutes les quinze minutes.
- Un plafond de couverts réservés en ligne par quart d’heure, pour que la cuisine tienne le coup de feu de 12 h 30.
- Le client qui entre sans réserver, installé d’une pression sur la meilleure table libre pour son nombre.
- Les statistiques du lundi : rotations, part des clients de passage et demandes refusées, avec leur raison.
Titres-restaurant : réponses courtes pour le restaurateur
Un restaurant est-il obligé d’accepter les titres-restaurant ?
Non. Service Public le précise : les restaurants et les commerçants ne sont pas dans l’obligation d’accepter les titres-restaurant, et vous pouvez n’en accepter que certains.
Faut-il rendre la monnaie sur un titre-restaurant papier ?
Non, c’est interdit : avec un titre papier, le commerçant n’a pas le droit de rendre la monnaie. Avec une carte ou une application, le montant exact est débité.
Le titre-restaurant papier disparaît-il en 2027 ?
Non : en 2026 et 2027, rien ne change pour le papier. Le texte adopté par l’Assemblée le 12 octobre 2026 prévoit un titre dématérialisé pour les titres émis à partir de 2028, mais au 4 novembre 2026 il n’avait pas été voté par le Sénat.
Les titres-restaurant pourront-ils payer un repas le dimanche ?
En 2026, seulement pour le salarié qui travaille ce jour-là, si son employeur l’a prévu (article R3262-8 du Code du travail). Le texte adopté par l’Assemblée prévoit de les rendre utilisables tous les jours, dimanches et jours fériés compris, s’il est voté ainsi.
Sources (vérifiées le 4 novembre 2026)
- Service Public : comment obtenir et utiliser des titres-restaurant (F21059, vérifiée le 8 juillet 2026)
- Code du travail : articles L3262-1 et suivants (le titre-restaurant)
- Code du travail : article R3262-8 (dimanches et jours fériés)
- Assemblée nationale : texte adopté n° 352 du 12 octobre 2026, première lecture
- Assemblée nationale : dossier législatif de la proposition de loi (état au 4 novembre 2026)
- DGCCRF : impression des tickets à la demande des clients (FAQ)
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