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Guide · Allergènes

Allergènes au restaurant : ce que l’affichage doit dire, et par écrit

Un client demande si la sauce du suprême contient de la moutarde. Le serveur part en cuisine, le chef de partie n’est pas sûr, et la réponse arrive après cinq minutes. Le droit français demande l’inverse : que la réponse soit déjà écrite, quelque part où le client la trouve seul. Ce guide dit ce que cet écrit doit contenir, les formes que l’administration accepte, et comment le tenir juste quand la carte bouge.

Publié le · Un guide pratique, pas un conseil juridique. En cas de doute, interrogez la DDPP de votre département.

La règle, en une phrase

Depuis le règlement européen INCO, n° 1169/2011, la présence de certains allergènes est une mention obligatoire, y compris pour ce qui est servi sans emballage. Son article 9 vise tout ingrédient de l’annexe II « utilisé dans la fabrication ou la préparation » d’un plat et encore présent dans l’assiette, même transformé. Son article 44 étend cette mention aux denrées non préemballées, celles d’un restaurant comprises, et laisse à chaque État le soin de fixer la manière de la communiquer.

La France l’a fait par le décret n° 2015-447 du 17 avril 2015. Le Gouvernement l’a résumé ainsi dans une réponse publiée au Journal officiel en 2016 : l’information est écrite, délivrée par le professionnel, accessible et consultable à un endroit précis, sous une forme qu’il choisit librement. Les règles figurent depuis aux articles R412-12 à R412-16 du Code de la consommation, que cite la fiche officielle de Service Public.

Cette fiche ajoute la phrase qui compte le plus en salle : « Le consommateur ne doit pas avoir à chercher l’information ni à la demander. » Une réponse orale du serveur, aussi aimable soit-elle, ne remplace donc pas l’écrit. Elle vient en plus.

Les quatorze, et où ils se cachent en cuisine

La liste est celle de l’annexe II du règlement, la même dans toute l’Union. Les plats les plus simples en contiennent souvent plus qu’on ne le pense, parce qu’ils arrivent par les fonds, les liaisons et les finitions.

  • Céréales contenant du gluten (blé, seigle, orge, avoine, épeautre…) : la farine du roux, la chapelure d’une panure, la bière d’une carbonade.
  • Crustacés et mollusques : le fumet, la bisque, la sauce d’huître d’un wok, les moules d’une garniture.
  • Œufs et lait, lactose compris : la mayonnaise, la dorure d’une pâte, le beurre monté d’une sauce, la crème d’un gratin.
  • Poissons : l’anchois d’une tapenade ou d’une sauce César, le nuoc-mâm d’une marinade.
  • Arachides et fruits à coque (amandes, noisettes, noix, noix de cajou, pécan, macadamia, noix du Brésil, pistaches…) : un pesto, un praliné, une huile de finition.
  • Soja, sésame, céleri, moutarde : la sauce soja, le tahini, le céleri d’un bouillon, la moutarde d’une vinaigrette.
  • Anhydride sulfureux et sulfites au-delà de 10 mg par kilo ou par litre : le vin d’une sauce, certains fruits secs.
  • Lupin : certaines farines et préparations sans gluten.

Les « traces » sont une autre question. La fiche officielle range les allergènes présents de façon involontaire parmi les mentions non obligatoires. L’enquête de la DGCCRF a d’ailleurs relevé que beaucoup de restaurateurs confondaient les deux : ce que la recette contient, qui doit être écrit, et ce qu’une contamination croisée pourrait apporter. Commencez par le premier, sans exception.

Les formes que l’administration accepte

La forme est libre ; l’accès, lui, ne l’est pas. La fiche Service Public cite l’ardoise, le cahier qui répertorie les allergènes des plats servis, la mention écrite sur les plaquettes des menus, ou tout autre système « directement et librement accessible aux clients ». Dans son enquête, la DGCCRF a rencontré en salle la mention sur le menu, un chiffre par allergène, un cahier ou une fiche à la caisse, un tableau affiché dans la salle et une tablette tactile.

Elle a aussi relevé une pratique qui ne respecte pas les obligations : renvoyer vers un site Internet dont l’accès n’est pas disponible sur place. Un QR code peut compléter l’écrit, mais le client doit pouvoir lire l’information là où il mange, avec ce qu’il a sous la main. Pour les autres affichages obligatoires d’un restaurant, les prix notamment, la fiche DGCCRF sur les restaurants est explicite : le professionnel ne peut pas utiliser uniquement un QR code.

Le format qui résiste le mieux au coup de feu est le tableau à double entrée : les plats en lignes, les quatorze allergènes en colonnes, une croix par présence. C’est l’exemple qu’une fédération professionnelle a fait accepter par la DGCCRF, cité dans la réponse ministérielle de 2016. Sur la carte elle-même, une ligne renvoie au tableau : « Nos allergènes sont indiqués dans le classeur à l’entrée de la salle. »

Exemple : l’ardoise d’un mardi midi

Trois plats d’une ardoise de bistrot, et le tableau qui les accompagne. Les recettes sont des hypothèses ; seule la méthode compte : partir de chaque fiche de recette, ingrédient par ingrédient, y compris les fonds et les garnitures.

Quand la carte change, l’écrit change le même jour

Le tableau de la carte d’été, affiché en octobre, est l’erreur la plus fréquente. Trois habitudes la préviennent. D’abord, une fiche par plat, tenue par la cuisine, qui liste chaque ingrédient avec ses allergènes : c’est elle que l’on recopie, pas la mémoire du chef. Ensuite, un contrôle à chaque changement de fournisseur ou de référence, parce qu’un pesto acheté tout prêt peut passer de la noix de cajou au pignon. Enfin, un plat du jour inscrit au tableau avant d’être inscrit à l’ardoise.

Le service a aussi sa part. Un serveur qui sait où se trouve le tableau, et qui le tend sans attendre la question, fait plus pour un client allergique qu’un long discours. Et une allergie annoncée à la réservation se note avant le service, pour que la cuisine la connaisse : c’est l’autre moitié du sujet, traitée dans le guide sur les allergies à la réservation.

À distance, et l’origine des viandes

Pour une vente à distance de denrées non préemballées, l’article 14 du règlement INCO renvoie à l’article 44 : la mention des allergènes est fournie avant la conclusion de l’achat, sur le support de la vente ou par un autre moyen clairement indiqué, sans frais pour le client. Une page de commande à emporter doit donc montrer les allergènes avant que le client valide son panier.

Le même écrit porte souvent une autre mention obligatoire en restauration : l’origine des viandes. Selon la fiche DGCCRF sur l’étiquetage, les pays de naissance, d’élevage et d’abattage pour le bœuf, d’élevage et d’abattage pour le porc, l’agneau et la volaille, donnés de façon visible et lisible avant la conclusion du contrat, y compris à distance. La règle vaut aussi pour les établissements qui proposent seulement des repas à emporter ou à livrer.

Dans Slotina

  • Chaque plat de la carte porte ses allergènes, choisis parmi les 14 de l’annexe II, avec les mentions végétarien et végan.
  • Une carte importée depuis Excel ou un fichier CSV passe par un aperçu ; un mot d’allergène qui n’est pas l’un des 14 est signalé et mis de côté, jamais deviné.
  • Depuis le QR code de sa table, le client lit la carte avec les allergènes de chaque plat, dans sa langue.
  • L’allergie notée sur la fiche d’un client s’affiche en alerte sur sa réservation, au briefing d’avant service et sur la feuille du jour imprimée pour le passe.

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Allergènes : les questions des restaurateurs

Est-il obligatoire d’afficher les allergènes au restaurant ?

Oui. La présence des 14 allergènes de l’annexe II du règlement INCO doit être indiquée par écrit pour les plats servis, sur un support que le client consulte sans avoir à demander : carte, ardoise, classeur ou tableau.

Suffit-il que le serveur réponde quand on lui pose la question ?

Pas selon la fiche officielle : le consommateur ne doit pas avoir à chercher l’information ni à la demander. La réponse orale reste utile, à côté de l’écrit.

Un QR code sur la table suffit-il ?

Prudence. La DGCCRF a jugé non conforme le renvoi à un site inaccessible sur place, et refuse le QR code seul pour les affichages obligatoires comme les prix. Gardez un support écrit dans la salle.

Faut-il écrire « peut contenir des traces » ?

Ce n’est pas obligatoire : la fiche officielle classe les allergènes présents de façon involontaire parmi les mentions facultatives. L’obligation porte sur ce que contient la recette.

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